Cinq marques automobiles, cinq courbes d’immatriculation qui s’effondrent, et pour les propriétaires : une seule conséquence concrète au moment de revendre leur voiture. Les chiffres officiels de 2024 et 2026 révèlent que DS, Ford, Nissan, Abarth et Maserati suivent exactement la même spirale commerciale, avec une régularité qui n’a rien d’une coïncidence. Ces marques automobiles en chute en France en 2024 ne souffrent pas d’un simple ralentissement conjoncturel : elles perdent des parts de marché de façon structurelle, depuis plusieurs années, dans un marché global qui, lui, progresse. Et c’est précisément cette divergence qui transforme une tendance commerciale abstraite en perte financière réelle pour quiconque possède un de ces véhicules.
Regardez la vidéo pour voir les courbes d’immatriculation année par année et comprendre visuellement à quelle vitesse chaque marque a décroché.
DS, Ford, Nissan, Abarth, Maserati : des chiffres qui ne laissent plus de place au doute
DS Automobile affiche 1,06 % de part de marché en France en 2024. Ce chiffre seul suffit à mesurer l’écart entre les ambitions affichées lors du lancement de la marque et la réalité commerciale. Mais c’est la dynamique qui est encore plus préoccupante : -26 % d’immatriculations sur l’ensemble de l’année 2024, puis -22,3 % en février 2026 et -20 % en mai 2026, dans un marché français en hausse. Sur le cumul annuel 2026, DS recule de 14 % pendant que ses concurrents progressent. Le DS7, modèle phare, a aujourd’hui huit ans sans renouvellement. En octobre 2025, L’Argus a révélé l’arrêt présumé des programmes DS3 et DS4, une information que la marque a démentie sans convaincre grand monde.
Nissan présente un cas encore plus documenté. En 2017, la marque japonaise immatricule 71 492 voitures particulières en France, son record historique, portée par 26 704 Qashqai et 13 446 Juke. En 2024, ce total tombe à 28 371 unités. C’est 60 % des clients évaporés en sept ans, sans interruption. Sur les cinq premiers mois de 2026, la tendance s’accélère encore : -11 %, avec seulement 2 049 voitures immatriculées en mai. En parallèle, Nissan enregistre 3,6 milliards d’euros de perte nette à l’exercice clos en mars 2025, et engage un plan de restructuration massif : 20 000 suppressions de postes, soit 15 % des effectifs mondiaux, et une réduction du nombre d’usines de 17 à 10 d’ici 2027.
Ford, marque populaire par excellence, raconte une histoire similaire sur une échelle de temps plus longue. Dans les années 1990, Ford immatricule plus de 150 000 voitures par an en France. En 2024, ce chiffre atteint environ 30 000. En mai 2026, seulement 1 999 immatriculations sont enregistrées, soit une chute de 36 % en un an. La disparition progressive des modèles emblématiques explique en partie ce décrochage : la Mondeo s’arrête en 2022, la Fiesta en juillet 2023, la Focus cesse d’être produite à Saarlouis en novembre 2025. Le réseau suit la même logique : 24 points de vente ont fermé en douze mois, ramenant le total à 541 au 1er janvier 2025, dont désormais 322 agents commerciaux contre 219 concessions.
Abarth illustre l’impasse du positionnement ultra-niche. La marque a mis fin à ses dernières versions thermiques en août 2024, laissant l’Abarth 500 électrique à 36 900 euros comme seule offre. Résultat : 18 immatriculations en France en mai 2026. Dix-huit. Sur le cumul 2026, le recul atteint 54 %, après une chute de 80 % en Europe dès le premier semestre 2024. Maserati, enfin, incarne le cas le plus spectaculaire. De 51 000 ventes mondiales en 2017, la marque tombe à 26 600 en 2023, puis 11 300 en 2024, puis 7 800 en 2025. C’est son niveau le plus bas depuis 2012, et une division par sept en huit ans. Pour donner une mesure concrète : Renault vend plus de Clio en France en un seul mois — 8 490 unités — que Maserati dans le monde entier sur une année entière. La direction assume désormais publiquement un « mode survie ».
La spirale que personne ne vous explique : comment la chute des ventes ruine les propriétaires
Ce qui rend ces situations dangereuses pour les propriétaires, c’est que la mécanique est toujours identique. Elle suit les mêmes étapes, dans le même ordre, avec les mêmes effets au bout de la chaîne.
Première étape : la chute des ventes entraîne des réseaux de distribution déficitaires. Les concessionnaires ne peuvent plus rentabiliser leur activité avec des volumes aussi faibles. Ils ferment. C’est exactement ce que vivent les distributeurs DS, qui déclarent eux-mêmes une « rentabilité 2024 clairement négative » et des « valeurs de reprise totalement hors marché », avec des pertes constatées sur chaque occasion revendue. Ford perd 24 points de vente en douze mois. Quand les concessionnaires ferment, les acheteurs rationnels — ceux qui anticipent les difficultés de maintenance, les délais de pièces, la valeur de revente — fuient vers des marques plus solides. Ce qui provoque une nouvelle chute des ventes. La boucle se referme.
La conséquence directe pour un propriétaire est mécanique : la valeur résiduelle de son véhicule s’effondre plus vite que la moyenne du marché. Un acheteur qui reprend une occasion d’une marque en spirale prend un risque que le marché commence à tarifer. Les distributeurs DS l’avouent explicitement : ils perdent de l’argent sur chaque reprise. Ce n’est pas une opinion, c’est leur propre déclaration. Et cette perte, quelqu’un la supporte : le propriétaire qui vend.
Il est utile de noter que DS, Abarth et Maserati appartiennent toutes trois à Stellantis depuis 2021. Trois marques du même groupe, trois spirales simultanées. Le groupe n’a pas réussi à enrayer les dynamiques négatives sur aucune des trois, ce qui pose la question des ressources allouées et des arbitrages stratégiques en interne. Pendant ce temps, Fiat — autre marque Stellantis — progresse de 71 % en mai, portée notamment par la Grande Panda hybride à prix populaire, avec +432 % pour ce seul modèle. La preuve qu’un bon produit au bon prix inverse la spirale. Ce n’est donc pas une fatalité de marché : c’est une question de décisions.
Pour aller plus loin
Avant d’acheter votre prochaine voiture d’occasion, savoir lire les signaux d’alerte d’une marque en difficulté n’est qu’une partie du travail. Le guide Acheter une occasion sans se faire arnaquer — Le guide complet 2026 vous donne toutes les méthodes concrètes pour évaluer un véhicule, détecter les vices cachés, négocier au bon prix et sécuriser votre achat de A à Z. Un outil indispensable si vous ne voulez pas payer le prix fort pour une voiture qui vaut déjà moins que ce que vous allez débourser.
Comment vérifier vous-même si une marque est en chute avant d’acheter
La bonne nouvelle, c’est que les données existent, qu’elles sont publiques et qu’elles sont gratuites. La méthode est simple : taper le nom de la marque suivi du mot « immatriculation » sur AAA Data. Les chiffres sont mensuels, actualisés régulièrement, et couvrent plusieurs années. Trois ans de baisse consécutive dans un marché global stable suffisent à confirmer une tendance structurelle. Ce n’est pas une interprétation : c’est une lecture de données objectives.
Appliquée aux cinq marques de cet article, cette méthode aurait permis à n’importe quel acheteur attentif de repérer les signaux bien avant que la situation devienne critique. Nissan décline depuis 2017 sans interruption. DS n’a jamais réussi à dépasser 1,06 % de part de marché. Ford perd des volumes depuis les années 1990 avec une accélération nette depuis 2022. Abarth s’est retrouvée sans modèle thermique du jour au lendemain. Maserati est en chute libre depuis 2017. Ces trajectoires étaient lisibles bien à l’avance.
Ce type de vérification prend moins de dix minutes. Elle ne remplace pas une inspection mécanique ni un historique de sinistres, mais elle donne une information que peu d’acheteurs pensent à consulter : la santé commerciale de la marque dont vous envisagez d’acheter un véhicule. Car une marque en difficulté, c’est un réseau qui se contracte, des pièces qui deviennent plus rares, des délais qui s’allongent, et une valeur de revente qui s’érode plus vite que la moyenne.
Ce que le cas Fiat enseigne sur les marques automobiles en chute en France en 2024
Le contre-exemple Fiat est instructif précisément parce qu’il appartient au même groupe que DS et Abarth. Pendant que ces deux marques s’enfoncent, Fiat progresse de 71 % en mai grâce à la Grande Panda hybride, un produit accessible, hybride et au bon prix. Cette réussite démontre que la spirale n’est pas une fatalité. Elle est le résultat de choix produit et de politique tarifaire. L’Abarth 500 électrique à 36 900 euros n’a séduit que 18 acheteurs en France en mai 2026. La Grande Panda hybride progresse de 432 % sur la même période. Le marché a répondu clairement.
Pour les propriétaires actuels de ces cinq marques, le message n’est pas catastrophiste mais lucide : surveiller les données d’immatriculation régulièrement, anticiper la revente avant que la décote s’installe, et ne pas attendre que le réseau se soit encore réduit pour agir. Les distributeurs DS qui perdent de l’argent sur chaque reprise ne vont pas soudainement améliorer leurs offres. La tendance est documentée, les mécanismes sont connus, et les données sont accessibles à tous.
Ce que ces cinq chutes révèlent sur le marché automobile français
DS, Ford, Nissan, Abarth et Maserati ne partagent pas le même positionnement, ni le même segment, ni la même histoire. Mais elles partagent la même spirale en 2024 et 2026 : des ventes en recul dans un marché qui progresse, des réseaux qui se contractent, des modèles qui disparaissent sans être remplacés, et des propriétaires qui absorbent les conséquences financières de ces décisions stratégiques. Maserati divise ses ventes mondiales par sept en huit ans. Ford perd 36 % en un an sur le marché français. Nissan efface 60 % de ses clients en sept ans. Ces chiffres ne sont pas des accidents : ils sont le résultat visible d’une mécanique que les données publiques permettent de lire bien en amont.
La leçon centrale est simple : avant d’acheter une voiture, vérifier la trajectoire commerciale de sa marque sur AAA Data est un réflexe aussi utile que vérifier le kilométrage ou l’historique d’entretien. Les marques automobiles en chute en France en 2024 ne sont pas un phénomène nouveau ni imprévisible — elles sont documentées, mesurables et identifiables par n’importe quel acheteur informé. Les courbes d’immatriculation année par année, visibles dans la vidéo, rendent cette réalité immédiatement tangible.