Interdiction voitures thermiques 2035 allemagne obligation

Berlin n’a jamais demandé la mort de la voiture électrique. Ce que le gouvernement allemand a obtenu de Bruxelles, c’est la réouverture du calendrier de l’interdiction voitures thermiques 2035, Allemagne en tête de cortège, au moment précis où le pays bat son record de ventes d’électriques. Le paradoxe n’en est pas un. La cible n’a jamais été la technologie, c’est l’obligation d’en acheter une. Trois dates, une prime de 3 milliards d’euros et une percée chinoise mesurée en douze mois suffisent à démonter le récit d’un renoncement industriel. Voici le dossier, chiffres en main.

Les trois dates, la lettre de Merz et la proposition du 16 décembre, sont posées à l’écran l’une après l’autre dans la vidéo. Regardez-la pour voir le dossier complet se refermer sur l’obligation, et non sur la voiture.

Interdiction voitures thermiques 2035 : comment l’Allemagne a rouvert le calendrier

Tout commence fin novembre 2025 par une lettre du chancelier Friedrich Merz adressée à Ursula von der Leyen. Le message est limpide : le calendrier de 2035 doit être revu. Moins de trois semaines plus tard, le 16 décembre 2025, la Commission européenne dépose une proposition qui change la nature même de la règle. Le 100 % zéro émission disparaît au profit d’un objectif de moins 90 % d’émissions par rapport à 2021.

La différence paraît technique, elle est en réalité fondamentale. Une obligation de 100 % interdit purement et simplement la vente d’un moteur thermique neuf. Un objectif de moins 90 % laisse une marge, et cette marge suffit à maintenir des motorisations à carburant au catalogue après 2035. L’interdiction devient une trajectoire, et une trajectoire se négocie.

Point essentiel pour ne pas se faire raconter d’histoires : ce texte n’est toujours pas voté. Rien n’est acquis, tout est rouvert, et c’est exactement ce que Berlin cherchait. Reste à comprendre pourquoi un pays obtient ce recul alors que ses propres acheteurs se ruent sur l’électrique.

Interdiction voitures thermiques 2035 : l’Allemagne vend pourtant plus d’électriques que jamais

Soyons honnêtes, les chiffres l’imposent. En juillet 2026, 78 609 voitures 100 % électriques ont été immatriculées en Allemagne, soit 29,3 % du marché. Le volume progresse de 61,7 % sur un an. Aucun pays qui rejetterait la technologie n’afficherait de telles courbes.

Ce record ferme la porte à ceux qui voudraient utiliser ce dossier contre la voiture électrique en tant que telle. La demande existe, elle grandit, et elle grandit vite. Ce que le gouvernement allemand refuse n’est donc pas la voiture, c’est le fait qu’une institution décide à la place de l’acheteur de ce qu’il aura le droit d’acheter en 2035.

Et pour soutenir cette demande, Berlin a fait un choix qui mérite qu’on regarde de près où va l’argent.


Pour aller plus loin

Si le moteur thermique reste au catalogue après 2035, autant savoir lesquels tiennent vraiment la distance. Le guide Les diesels indestructibles, 500 000 km et plus passe en revue les mécaniques capables de dépasser le demi-million de kilomètres, ce qui les rend si endurantes et ce qu’il faut contrôler avant de signer. Un repère concret pour acheter avec la tête froide, à l’heure où la règle se négocie et où c’est le portefeuille qui décide.


Une prime de 3 milliards d’euros qui ne regarde pas d’où vient la voiture

Le 19 janvier 2026, le ministre fédéral de l’environnement Carsten Schneider annonce le rétablissement d’une prime à l’achat. L’enveloppe atteint 3 milliards d’euros pour environ 800 000 véhicules visés. Le montant démarre à 3 000 euros pour une électrique et grimpe jusqu’à 6 000 euros pour les foyers les plus modestes.

Le contexte de cette annonce explique l’urgence. En janvier 2026, le marché allemand global recule de 6,6 %. Les immatriculations de particuliers chutent de 14,4 %, pendant que celles des entreprises progressent de 2,1 % et représentent environ 7 immatriculations sur 10. Autrement dit, le client privé a déserté, et seul le parc d’entreprise tient le marché debout. La prime vise précisément ce particulier qui ne signe plus.

Aucune condition d’origine, et le ministre l’assume

Le détail qui change tout : cette prime ne filtre pas l’origine du véhicule. Une électrique assemblée en Chine y ouvre droit exactement comme une électrique sortie d’une usine allemande. Le ministre ne s’en cache pas et revendique le choix d’affronter la concurrence sans imposer la moindre restriction.

Le résultat s’est mesuré en douze mois. Sur les sept premiers mois de 2026, BYD, MG et Leapmotor pèsent 4,4 % du marché allemand, contre 1,8 % un an plus tôt. Leur part a plus que doublé. Sur le seul segment électrique, ces trois marques dépassent 8 %. La prime a soutenu la demande, et une part croissante de cette demande est allée droit vers les constructeurs chinois.

Financer le concurrent avec l’impôt de ceux qu’il remplace

Le raisonnement tient en une phrase : subventionner la demande sans conditionner l’offre revient à payer le concurrent avec l’impôt de ceux qu’il est en train de remplacer. L’automobile allemande a perdu 42 300 emplois. Dans le même temps, 3 milliards d’argent public sont engagés sans qu’un seul euro soit conditionné à ce qui est fabriqué dans le pays.

Ce n’est pas une fatalité économique, c’est un arbitrage. Un gouvernement qui ouvre son chéquier sans regarder la plaque du constructeur choisit le volume immédiat plutôt que l’usine locale. On peut défendre ce choix, on ne peut pas prétendre qu’il n’a pas été fait.

Ce que des dizaines de milliers de commentaires disaient depuis deux ans

Depuis deux ans, les automobilistes répètent la même chose : ce n’est pas la voiture électrique qui est rejetée, c’est l’imposition. La lettre de Merz, la proposition du 16 décembre, le record de juillet 2026 et la prime sans condition disent exactement cela, chacun à leur manière. L’Allemagne achète des électriques, les subventionne, et refuse en même temps que l’interdiction voitures thermiques 2035 soit gravée dans le marbre.

Pour le conducteur, la conclusion est pratique. Le moteur thermique ne disparaîtra pas des concessions au 1er janvier 2035 par décret, et l’électrique n’a pas besoin d’une interdiction pour trouver ses acheteurs. Les deux existeront côte à côte, et c’est le portefeuille, pas la règle, qui tranchera.

Le vrai débranchement, c’est celui de l’obligation

Trois dates ont rouvert un calendrier que l’on présentait comme définitif. Un objectif de moins 90 % a remplacé le 100 % zéro émission dans un texte toujours pas voté. Pendant ce temps, l’Allemagne bat son record électrique à 29,3 % de part de marché, remet 3 milliards de prime sur la table et voit BYD, MG et Leapmotor doubler leur part en douze mois.

Le pays n’a pas débranché la voiture électrique. Il a débranché l’obligation d’en acheter une, et il a choisi de financer la demande sans protéger sa propre offre. L’enchaînement complet, de la lettre de Merz à la prime sans condition, se déroule date après date dans la vidéo ci-dessus.