En 2025, Ford a établi un record mondial de rappels automobiles qui ne ressemble à aucune mauvaise passe conjoncturelle : 153 campagnes de rappel aux États-Unis, 12,93 millions de véhicules touchés, une amende fédérale de 165 millions de dollars et une récidive documentée sur le défaut même qui avait déclenché la sanction. Les ford rappels record 2025 ne sont pas une anomalie statistique — ils sont le résultat lisible, chiffre après chiffre, d’une défaillance systémique que les documents officiels permettent désormais de retracer avec précision.
Regardez la vidéo pour voir les documents officiels à l’écran — consent order, registres NHTSA, comptes boursiers — que l’auteur déroule pièce par pièce.
153 campagnes en un an : pourquoi le record Ford 2025 écrase tout ce que l’industrie a connu
Pour comprendre l’ampleur du chiffre, il faut le comparer à ce qui existait avant lui. L’ancien record absolu toutes marques confondues appartenait à General Motors : 77 campagnes de rappel en 2014, l’année du scandale des commutateurs d’allumage défectueux qui avait coûté des dizaines de vies et débouché sur des poursuites pénales. Ford, en 2025, a atteint 153 campagnes — soit exactement le double du précédent record historique. Ce n’est pas une progression, c’est un changement d’échelle.
Le cabinet IC Cars, qui compile les données du registre fédéral NHTSA, a établi en décembre 2025 que ces 153 campagnes ont touché 12,93 millions de véhicules Ford sur la seule année civile. Pour donner un point de comparaison immédiat : Toyota, deuxième constructeur au classement des rappels cette année-là, plafonnait à environ 3,2 millions de véhicules. Ford a donc rappelé en 2025 plus de véhicules que les neuf constructeurs suivants réunis.
La dynamique ne s’est pas ralentie à l’entrée de 2026. Sur le seul premier trimestre, Ford représentait plus de 8 millions des 12 millions de véhicules rappelés aux États-Unis — les deux tiers du total national pour une seule marque. Parmi ces rappels figure la campagne 26C10 : 4,3 millions de véhicules d’un coup, concernant les F-150, Super Duty, Maverick et i-Transit, tous frappés par un même module électronique de gestion de remorque défaillant. Il s’agit du plus gros rappel unique de l’industrie américaine depuis 2018.
Ce dernier chiffre révèle le mécanisme structurel qui explique l’ampleur des volumes : la mutualisation des composants électroniques. Un même calculateur monté sur un pickup, un SUV et un utilitaire multiplie automatiquement l’exposition dès qu’un défaut est détecté. Quand Ford partage un module entre quatre gammes, un seul problème d’ingénierie génère un rappel de quatre millions de véhicules. Ce n’est pas de la malchance — c’est l’architecture industrielle elle-même qui amplifie chaque défaillance.
165 millions de dollars d’amende : ce que le consent order révèle sur la gestion interne des alertes
Le 14 novembre 2024, la NHTSA a infligé à Ford une pénalité civile de 165 millions de dollars. C’est la deuxième amende la plus lourde des 54 ans d’histoire de l’agence fédérale. La seule sanction supérieure dans les archives figure au nom de Takata, pour des airbags qui ont tué des conducteurs. Le seul précédent plus grave est donc une affaire de morts.
Le motif du consent order est précis et documenté : Ford a tardé à rappeler plus de 600 000 véhicules équipés de caméras de recul défectueuses — des Escape, Explorer, F-150, Mustang et Transit du millésime 2020 — et a fourni des informations incomplètes à l’agence pendant la procédure. La chronologie établie par l’enquête est sans ambiguïté. Les premières réclamations clients remontent à février et mars 2020. En mai 2020, un comité interne Ford est constitué pour examiner le problème. En juillet 2020, Ford contacte la NHTSA. Le rappel formel n’est déposé que le 23 septembre 2020, soit sept mois après les premières alertes.
Sept mois entre le signal et l’action, sur un défaut qui affecte la visibilité en marche arrière. Ce délai est au cœur de la sanction. Il ne s’agit pas d’un temps nécessaire à une enquête technique complexe — les réclamations étaient documentées, le comité interne constitué dès le printemps. Ce qui ressort du consent order, c’est un processus de décision qui n’a pas traité l’alerte avec l’urgence que la réglementation fédérale impose.
La structure de la pénalité reflète la gravité de l’appréciation réglementaire : 65 millions de dollars payés immédiatement, 55 millions en différé, et 45 millions d’investissements obligatoires dans les systèmes internes de détection et de traitement des défauts. Ford est également placé sous tutelle pour trois ans, avec des audits trimestriels conduits sous contrôle d’un tiers indépendant. Ce n’est pas une amende — c’est une mise sous surveillance.
Pour aller plus loin
Si le bilan de Ford vous préoccupe en tant qu’acheteur ou propriétaire, vous avez besoin d’un verdict mécanique qui va au-delà des rappels. 20 modèles à fuir, 10 à choisir — Le verdict mécanique 2026 recense précisément les modèles à éviter et ceux qui résistent à l’épreuve du temps, sur la base de données objectives. C’est le guide à avoir avant tout achat ou renouvellement de véhicule en 2026.
La récidive sur les caméras de recul : quand la sanction ne change rien
Le détail le plus accablant du dossier Ford ne figure pas dans l’amende elle-même — il arrive dix mois plus tard. En septembre 2025, Ford rappelle 1,5 million de véhicules Ford et Lincoln pour un défaut de caméra de recul. Exactement le même type de défaillance que celui pour lequel le constructeur venait de payer 165 millions de dollars à la NHTSA et d’accepter trois ans d’audits obligatoires.
Cette récidive documente quelque chose que les chiffres de volume seuls ne permettaient pas de conclure avec certitude : la multiplication des rappels ford record 2025 n’est pas le symptôme d’un pic de production à rattraper, ni d’une période de transition technologique difficile. Elle traduit une incapacité persistante à corriger les processus à la source, même sous contrainte réglementaire explicite et coûteuse.
Jim Farley est devenu PDG de Ford le 1er octobre 2020 — huit jours après le dépôt du rappel caméra qui allait déclencher la procédure fédérale. Il dirige l’entreprise depuis lors, à travers l’enquête, la sanction et la récidive. La continuité managériale rend difficile de présenter ces événements comme les séquelles d’une ère révolue.
Un coût financier qui commence à se lire dans les comptes
Les conséquences de cette accumulation de défauts ne sont plus seulement réglementaires — elles sont désormais comptables. Sur le seul deuxième trimestre 2025, les coûts de garantie de Ford ont bondi d’environ 800 millions de dollars, plombant le résultat net à une perte de 36 millions. Sur le premier semestre 2025, la division Ford Blue — celle qui regroupe les véhicules thermiques grand public — affiche une dégradation de 1,311 milliard de dollars de résultat opérationnel par rapport au même semestre de l’année précédente.
Ford lui-même, dans ses documents déposés auprès du régulateur boursier américain, identifie les millésimes 2021 et antérieurs comme les véhicules qui pèsent le plus lourdement sur ses comptes de garantie. Ce sont donc des voitures vendues depuis plusieurs années qui continuent de générer des coûts de réparation et de rappel bien après leur commercialisation. La facture ne se referme pas — elle s’accumule.
Ce mécanisme financier illustre concrètement pourquoi la mutualisation des composants électroniques est un multiplicateur de risque à double sens : elle réduit les coûts de développement à l’entrée, mais elle transforme chaque défaut en passif massif à la sortie. Un calculateur partagé entre quatre plateformes coûte moins cher à concevoir. Il coûte exponentiellement plus cher à rappeler.
Ford rappels record 2025 : ce que le dossier complet signifie pour un acheteur
Lire les registres NHTSA, le consent order de novembre 2024 et les comptes semestriels de Ford côte à côte conduit à une conclusion que les communiqués de presse ne formulent jamais : le record de 153 campagnes de rappel en 2025 n’est pas un accident de parcours. C’est le résultat mesurable d’une architecture de composants mutualisés, d’un processus interne de traitement des alertes jugé insuffisant par le régulateur fédéral, et d’une incapacité à corriger le défaut de caméra de recul malgré une sanction historique.
Pour un acheteur, la question n’est pas de savoir si Ford rappelle des véhicules — tous les constructeurs en rappellent. La question est de comprendre à quelle vitesse les alertes sont traitées, si les défauts se répètent sur les mêmes familles de composants, et ce que les comptes officiels révèlent sur la capacité de l’entreprise à absorber ses propres défaillances. Sur ces trois critères, les documents de 2024 et 2025 fournissent des réponses précises et vérifiables.
Le premier trimestre 2026 — avec ses 8 millions de véhicules Ford rappelés sur 12 millions au total aux États-Unis — indique que la tendance documentée en 2025 n’a pas changé de trajectoire. Les chiffres continueront d’être publics. La question est de savoir si les décisions d’achat intégreront ce que les registres fédéraux rendent désormais impossible à ignorer. La vidéo détaille l’ensemble de ces documents à l’écran, source par source.